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Bastos, Tinette et Mirabelle

Des rires et des cris de joie fusaient dans le salon. On parlait fort et Bastos en avait plein les oreilles. C’était un bouledogue français. Il s’ennuyait et ne parvenait pas à dormir avec ces fous hurlants dans la maison.
 
– Ouaff, dit-il.

Ce qui, en langage de chien, veut dire : “Venez vous autres, on va se mettre au calme !”. Et il se dirigea vers la cuisine suivi de près par Mirabelle, la belle chatte siamoise de la maison, et de Tinette, la chienne caniche des voisins, sous les yeux ébahis des deux pattes sans poils. Et oui, vous l’aurez compris, la maîtresse de maison, Caroline, avait invité ses voisins à prendre le café. Et ça riait dans la maison, et ça riait !
Une fois à l’abri des regards indiscrets, Bastos se frotta amoureusement contre Tinette qui s’écarta avec dégoût.
Pour éviter les “ouaff” et les “miaou”, je retranscris directement en français ce qu’ils se dirent alors.
– Dis moi, Poulette, dit Bastos en regardant Tinette avec envie, tu viendrais pas faire un tour avec moi dans ma niche ?
– Oh ! Mais c’est dégoutant, dit celle-ci ! Voyez comme je suis présentable ! Vous croyez que je vais faire des galipettes avec un bouledogue baveux et qui se roule dans la boue ?
– Oh toi, la bêcheuse ! Ma maîtresse, elle, elle est pas si farouche !
– Comment ça, risqua la caniche ?
– Ben oui, reprit Mirabelle. notre maîtresse, elle ramène chaque soir un deux pattes différent. Et on l’entend gémir et crier depuis le salon. Des fois, ça dure toute la nuit.
– Oh ! Mais c’est la maison de la débauche ici ! Mes maîtres, eux, ils sont très discrets et ils ne dorment jamais l’un sans l’autre, dit Tinette.
Tout à coup, le ton monta dans le salon. A la place des cris de joie, on entendait des cris de fureur, une porte claqua, puis plus un bruit. Bastos, Tinette et Mirabelle se dirigèrent vers le salon et découvrirent ébahis, la maîtresse de maison qui embrassait le voisin.
– Oh pis, après tout, dit Tinette, pourquoi se priver ?
Elle regarda Bastos comme s’il était un plateau de friandises.
– Dis moi le bouledogue, ta proposition tient toujours ?
– Et comment, répliqua celui-ci ! Viens ! Suis moi !
Et ils partirent tous deux en direction de la niche. Bastos haletait comme un fou, de la bave dégoulinait de ses babines mais Tinette s’en foutait !
Texte réalisé dans le cadre de l’atelier d’écriture par mail : “Poudreurs d’Escampette“.
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