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Rencontre d’un autre temps

Jamais, je n’oublierai cette incroyable journée ! Ne me demandez pas comment (ce serait bien trop long à vous expliquer), mais je me suis retrouvée errant dans les rues de Paris, en 1835, vêtue d’un jean délavé, d’un sweat à capuche et de baskets Nike. Je vous laisse imaginer la tête des passants que je croisais dans la rue. C’était un regard méprisant, dédaigneux, mais il fallait avouer qu’il y avait de quoi.

Pourtant, cet homme eut une réaction différente. Il était vêtu de façon très convenable et on voyait aisément qu’il s’agissait d’un homme du monde. Il aurait dû être le premier à me jeter la pierre mais ne le fit pas. Son visage ne m’était pas inconnu, pourtant, je ne parvenais pas à y mettre un nom.
Il me dévisagea, visiblement surpris, et me dit :
« Cet accoutrement est des plus singuliers, ma chère. De quelle contrée venez-vous ?
– En fait, je viens du futur, répondis-je.
Je savais qu’il ne me croyait pas, pourtant, il n’en laissa rien paraître.
« Puis-je vous suggérer d’acquérir des vêtements plus convenables, me dit-il ?
– Le problème est que ma monnaie n’est pas la même que la vôtre.
– Dans ce cas, venez avec moi, mon épouse sera heureuse de vous prêter des vêtements appropriés.
– Je vous suis infiniment reconnaissante, Monsieur. Je ne sais comment vous remercier.
– C’est inutile. Je me nomme Victor Hugo, dit-il en me tendant la main. »
A l’annonce de son nom, je restai bouche bée, les yeux écarquillés. Le génie littéraire, auteur des « Misérables », de « Notre Dame de Paris » et de tant d’œuvres intemporelles se trouvait là, devant moi, et me proposait son aide.
« Auriez-vous aperçu un revenant, me demanda-t-il ? »
Il fallait reconnaître que c’était presque ça. Pourtant, je me repris rapidement pour ne pas paraître impolie, et serrai la main tendue.
« Monsieur Hugo, je suis honorée de faire votre connaissance. Je suis une fervente admiratrice de votre œuvre. Vous êtes, à mes yeux, le génie de la littérature française. »
Mon cœur battait la chamade. Ce qui se passait était inconcevable, et pourtant, c’était bien réel. Je me trouvais en présence de Victor Hugo. Mes amis ne me croiraient jamais si je le leur disais. Il ne fallait surtout pas que je fasse d’impair. Nous étions en 1835, donc, « Notre Dame de Paris » était paru. Par contre, « Les Misérables » ne verraient le jour qu’en 1862. Sa fille Léopoldine était encore de ce monde, et donc, il ne fallait surtout pas que je lui parle de  mon poème favori « Demain dès l’aube ».
« Vous connaissez mon œuvre, dit-il ?
– Bien entendu, Monsieur Hugo. Je pense notamment, à « Notre Dame de Paris ». C’est un chef d’œuvre intemporel. Vous êtes l’un des plus grands auteurs de la littérature française.
Il me regarda, amusé.
– Votre enthousiasme m’honore très chère. Venez maintenant, je vous emmène à mon domicile. Nous trouverons bien des vêtements à votre taille.
Je le suivis le cœur léger dans les rues parisiennes, insensible aux regards méprisants et aux incompréhensions des passants. Je marchai aux côtés de Victor Hugo, et c’était le plus beau trésor que la vie pouvait m’offrir. C’était un homme élégant et majestueux. Son génie forçait le respect mais il restait, malgré tout, un homme simple, sans chichis.
Nous arrivâmes bientôt, et pénétrèrent dans sa demeure. Je réalisai alors où je me trouvai. C’était complètement irréel et merveilleux : la maison de Victor Hugo. Sa femme était à son image, d’une extrême gentillesse. Elle trouva sans difficulté des vêtements à ma taille qu’elle me remit gracieusement. Quant à Monsieur Hugo, il prit, sur une étagère, un exemplaire de « Notre Dame de Paris », griffonna quelques mots et me le remit. Je regardai son cadeau les yeux remplis de larmes. A notre époque, il aurait une valeur inestimable et je le garderais précieusement jusqu’au dernier jour de ma vie. Je le rangeai dans mon sac, les remerciai tous deux pour leur amabilité et partit.
Dans la soirée, et après de nombreuses péripéties, j’étais de retour dans le 21èmesiècle. Une fois rentrée chez moi, je vaquai à mes occupations habituelles : la préparation du repas, le coucher de mon petit garçon, la préparation des affaires pour le lendemain. Ce n’est qu’au moment de me coucher, que je repensai au précieux cadeau de Monsieur Hugo. Je pris le livre dans mon sac, et l’ouvrit à la première page.
« A la jeune femme mystérieuse rencontrée dans les rues de Paris le 14 Juin 1835 – Avec toute mon amitié – Victor Hugo. »
Je serrai le livre contre mon cœur. Quel merveilleux cadeau !

Ce texte a été créé dans le cadre de l’atelier “Amoureux de la plume” que j’ai moi-même créé.
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