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Une demande inattendue

 
 
Devais-je râler ou m’extasier ? Cet enfoiré m’avait dessinée en train de dormir mais il fallait bien avouer que le résultat était spectaculaire !

Je regardai le tableau qu’il exposait sous mes yeux. Je le savais doué pour le dessin et la peinture, mais à ce point, il me bluffait. Nous vivions en appartement et n’avions donc pas de jardin et encore moins de hammac. Il avait créé le décor dans sa tête, puis l’avait peint sur la toile, et m’avait intégrée, plongée dans un profond sommeil. Quel talent ! A la fois curieuse et agacée, je l’interrogeai sur le moment où il m’avait croquée.
« C’était dimanche dernier quand tu t’es endormie sur le canapé, me dit-il. J’ai modifié un peu ta position pour l’adapter au hammac.
Il faut dire que c’était vraiment ressemblant et très réaliste. En plus de créer un décor, il m’avait parée de vêtement d’un autre temps, allongé un peu mes cheveux qu’il avait parés un serre-tête fleuri. Il possédait un talent inouï et je décidai de l’encourager à se faire connaître.
Le lendemain, je me rendis à la galerie de la ville, munie de la fameuse toile et en expliquai le contexte au directeur qui siffla d’admiration.
« Votre ami est vraiment très doué, me dit-il. Aurait-il d’autres œuvres à me montrer ?
– Oh oui, répondis-je, son atelier regorge de peintures.
– Dans ce cas, dites-lui qu’il passe me voir, je me ferai une joie de m’occuper de lui.
– Avec grand plaisir, merci infiniment, Monsieur. »
Je rentrai à la maison et lui parlai de ma visite à la galerie. Sa réaction m’étonna. Il ne sembla pas vraiment emballé par la proposition du galeriste. La déception dut se lire sur mon visage car il s’approcha de moi, me prit dans ses bras, et m’expliqua qu’il ne souhaitait pas être reconnu pour ses peinture car il ne voulait pas s’en séparer. Je n’insistai pas d’avantage. Je ne comprenais pas son choix, mais je le respectais. Le lendemain, je me rendis de nouveau à la galerie, afin d’avertir le directeur que mon compagnon ne souhaitait pas vendre ses toiles.
Trois semaines passèrent. Un matin, il m’emmena le petit déjeuner au lit accompagné d’une enveloppe. Conformément à sa volonté, je l’ouvris, et lut à voix haute.
« Ma chérie. Je ne souhaite pas vendre mes toiles, parce que je veux te les offrir en cadeau de mariage. »
Ma voix resta suspendue sur ces derniers mots. Je levai les yeux, et le vis s’agenouiller devant moi, un écrin à la main. Il l’ouvrit, laissant apparaître une superbe bague en or sertie d’un rubis, ma pierre préférée.
– Veux-tu devenir ma femme, me demanda-t-il ?
Je me jetai dans ses bras, folle de bonheur, l’embrassai avec fougue et répondis à sa demande par un énorme « oui ». Pour toute réponse, il éclata de rire. Je le regardai interloquée. En suivant son regard, je vis ma tasse de café fumant, et mes tartines de confiture éparpillés sur le lit. Dans ma hâte, j’avais tout renversé.
 
Ce texte a été réalisé dans le cadre du jeu d’écriture n°13, proposé par le blog à 1000 mains sur le tableau “Le Hammac” de Gustave Courbet.
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