Home » Mini nouvelles » Le fugitif

Le fugitif

Texte réalisé dans le cadre de l’atelier “Une photo quelques mots”, proposé par Léiloona, sur une photo de Romaric Cazaux.

police

« Brooooooooooc ! Pot pot pot pot pot pot pot ! Regardez ces quat’couillons entrain d’papoter ! Ils n’ont rien d’autre à foutre ?

L’homme, tapi derrière les buissons, observait la scène avec attention.

« Hé la flicaille ! Regardez-moi ! J’suis là ! »

Il éclata de rire.

***

A une centaine de mètres de là, quatre policiers discutaient.

« Alors, Claude, le mariage de ta fille ?

– Oh ! Son mari avait bu plus que de raison, et ça c’est fini en crise de larmes ! Je ne sais pas ce qu’elle fiche avec ce minable. J’aurais bien voulu empêcher ce mariage, mais …

– Appel général, appel général, cria le capitaine dans les quatre radios. On vient de nous signaler une évasion à la maison centrale de Saint-Maur ! »

Bernard dégaina son talkie-walkie.

« On arrive, chef ! Vous avez un nom ?

– Oui, il s’agit de François Holmès !

– Oh putain ! Le tueur de touraine ! On y va les gars, dit-il à ses collègues.

– C’est qui le tueur de touraine demanda Romain ?

– C’est un psychopathe. Il a violé et tué 19 jeunes garçons d’une vingtaine d’années, en l’espace de deux mois, l’année dernière. Nous avons mis des mois à l’attraper.

– Ah ! Moi, j’étais encore en Australie l’année dernière. »

Les quatre policiers partirent d’un même pas vers le commissariat.

***

« Hé ! C’est pas juste ! Revenez, bande de connards ! »

L’homme attrapa un peu de neige, forma une boule et la lança. Elle atterrit dans le dos de Claude qui se retourna aussitôt

« Oh merde, s’écria l’homme en se dissimulant derrière les fourrés. S’il m’attrape, je suis cuit. »

Il partit au pas de course, Claude à ses trousses. L’homme n’eut aucun mal à semer le policier. C’est alors que son collègue Bernard arriva à la rescousse dans son véhicule de fonction. La voiture prit un raccourci et barra la route au fugitif, qui fut obligé de se rendre.

« T’es qui, toi, demanda Claude ?

– Je suis celui que vous cherchez depuis ce matin. »

Les deux flics éclatèrent de rire.

« Tu as dû faire une bonne chirurgie esthétique, alors ! Tu ne ressembles pas du tout à François Holmès. Et puis t’as beaucoup rajeuni ! T’as quoi ? 20 ans ?

– Non 22. François Holmès ? Vous voulez dire qu’il s’est fait la malle ? Putain ! C’est pas des blagues ? Et les gars me lâchaient pas, ok ? J’ai peur de c’mec !

– Désolé, mon garçon, mais lancer une boule de neige n’est pas passible de la prison !

– D’accord ! J’ai cambriolé une station service cette nuit. J’vous jure, c’est vrai !

– Ok, tu vas passer un ou deux jours au trou et ensuite, on te présentera devant le juge d’instruction. Je crois que les menottes sont inutiles, poursuivit Bernard à son collègue. Il va nous suivre de son plein gré. »

une-photo-quelques-mots1

logo commentaires

Advertisements

28 thoughts on “Le fugitif

  1. Pingback: Le fugitif | Ecrire and co

  2. Pingback: Conciliabule (Atelier d'écriture) | Bric à Book

  3. François Holmes? Il est peut-être en train de guetter sa future proie en le cambrioleur de station service, d’où la peur de celui-ci? S’il en a si peur, peut-être le connait-il déjà…?
    J’aime beaucoup le bout d’histoire !

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s